Sunday, March 30, 2025

Disciples et Désordre dans l'Église - D&A 28:2-7

 


"Nul ne sera désigné pour recevoir des commandements et des révélations dans cette Église, si ce n’est mon serviteur Joseph Smith, fils, car il les reçoit tout comme Moïse. Et, tout comme Aaron, tu seras obéissant aux choses que je lui donnerai, en annonçant fidèlement, avec puissance et autorité, les commandements et les révélations à l’Église. Et si tu es conduit par le Consolateur, à un moment quelconque ou en tout temps, à parler à l’Église ou à l’instruire à titre de commandement, tu peux le faire. Mais tu n’écriras pas à titre de commandement, mais par sagesse ; et tu ne commanderas pas à celui qui est à ta tête et à la tête de l’Église ; car je lui ai donné les clefs des mystères, et des révélations qui sont scellées, jusqu’à ce que je leur en désigne un autre à sa place."

Une des bénéfices que j'ai eues d'avoir été appelé dans une mission où l'Église était tellement nouvelle, c'est que certains passages de la Doctrine et Alliances ont pris vie devant mes yeux. On a calculé, je crois, que je devais être le 13e missionnaire occidental à débarque de l'avion, couples exclus, en Côte d'Ivoire, une mission ouverte juste quelques années avant mon arrivée. Et il me semble que Satan n'aime pas inventer de nouvelles stratégies. Il aime exploiter les conditions de confusion et de crédulité pour semer l'orgueil là où les semences en puissent prendre prise, et puis enfoncer sa cale pour éloigner les fidèles de leur course étroite par degrés jusqu'à ce que leur foi en chancelle. Je suis content quand il échoue, mais entendre les expériences de comment il essaie peut me renforcer les défenses, car il se répète dans ses méthodes même à travers les siècles.

En exemple, j'offre une histoire qui m'a été racontée. Un des nouveaux présidents de branche dans la mission se sentait inspiré à faire grandir la foi de sa branche en augmentant leur révérence pour l'ordonnance central de l'adoration hebdomadaire : la sainte-cène. Digne objectif ! Il comprenait bien la doctrine derrière cette rite sacrée comme tous les membres : c'est le renouvellement de l'alliance du baptême, autre ordonnance rare parmi les pratiques de l'Église parce qu'elle aussi exige des prières fixes. Il a observé que pour ce baptême-là, on insiste aussi sur un habillement spécial. Ça doit être l'Esprit, pensait-il, travaillant à travers ses clés de direction qui l'appelait à ordonner que tous ceux de la Prêtrise d'Aaron qui bénissaient, préparaient, ou distribuaient la Sainte-Cène soient vêtus de combinaisons blanches de baptême. Depuis sa perspective, après avoir ostensiblement consulté le Manuel, il n'y avait rien qui s'opposait à ce qu'il reçoive une telle "révélation". Son but, après tout, était centré sur le Christ et avait comme cible la croissance de la foi en Lui des membres de son propre troupeau. Que pouvait-il y avoir de mal ?

Le président de mission à l'époque était un homme chaleureux, mais imposant. Il était ancien militaire et servait, avant sa présidence, comme dirigeant dans l'agence du code d'honneur à l'Université de Brigham Young. Alors, il lui arrivait par occasion, de communiquer de manière assez brusque, pour ne pas dire sévère parfois. Son habitude, le dimanche, était de visiter une branche différente. Quand, donc, il était le tour de cette branche dont tous les diacres filaient entre les bancs tous en habit blanc, il a immédiatement pris le président de branche à côté pour lui expliquer que lui aussi a eu une révélation qui dictait que la sienne avait tort. Je suis sûr qu'ils ont eu une échange plus détaillée que ça, mais peu plus.

Les principes qui s'imposent de cet épisode sont multiples :

1. Le grand Séducteur sait manipuler même les bonnes intentions. Il ne tente pas souvent les fidèles dans une direction à 180 degrés de leurs convictions. Plutôt, il est patient et subtile. Il n'a pas, certes, l'omniscience de Dieu, mais il est suffisamment stratégique avec la connaissance qu'il a pour être satisfait de petits pas jusqu'à ce qu'il puisse captiver par une ligne plus fermement traversée. Il réjouit même d'un degré d'écartement comme d'une victoire.

2. La révélation est un principe avec une portée. Un président de branche n'a aucune autorité d'altérer le Manuel général de l'Église entière. Et oui, malgré la lecture initiale du président de branche en question, tellement fidèle comme grand-prêtre qu'il était, son "incitation de l'Esprit" se résumait à précisément ça. Juste parce qu'on n'essayait pas de l'appliquer ailleurs que dans sa propre sphère d'influence ne veut pas dire qu'on peut inventer tout un nouveau code vestimentaire. C'est une manière subtile de s'étendre juste un peu plus loin que sa portée, mais c'est dans cette subtilité que la pente glissante tient son pouvoir de vous avancer doucement de plus en plus vers un abus d'autorité plus absolu.

3. L'Esprit guide, oui, mais un bon sentiment ne fait pas infailliblement une révélation. Et le contrefaits sont abondants.

Ne me méprenez pas ! Cet incident était assez isolé. Oui, comme partout il y a eu des anomalies et des apostasies individuels--certaines avec des effets plus répandues et certains ayant affaire avec des péchés plus sérieux--dans les années pionnières de l'Église en Côte d'Ivoire. Mais pour la plupart, mon impression personnelle est que les membres récemment convertis approchaient les pratiques de leur nouvelle institution religieuse et leurs appels individuels avec un degré élevé d'humilité. Ils savaient que l'expérience des Elders d'Utah qui avaient grandis avec les doctrines et les traditions de l'Église intégrées dans leur culture, n'était pas la leur. Alors ils s'accrochaient fidèlement au Manuel et aux écritures pour toute question de pratique, doctrine, et manière. Ils cherchaient soigneusement la ligne droite entre la doctrine et la culture, et implémentaient la doctrine et ses pratiques associées par conséquent avec un haut degré d'exactitude et intentionnellement. Et ceci libérait le domaine culturel pour une plus libre expression dans sa portée à elle aussi.

Ce président de branche particulier, à son crédit, s'est repenti. Et si mon information ne fait pas défaut, il a continué son service avec fidélité et a dirigé sa branche avec efficacité dans leur démarche chrétienne pendant des années après cette expérience.

Et cela semble avoir été l'écho de l'expérience de Hiram Page.

Dans un environnement historique similaire dans son ouverture aux moyens instrumentaux pour accéder à la volonté de Dieu (les baguettes de sourcier, pierres de voyant, et d'autres objets étant plus communs aux États-Unis de 1830 qu'aujourd'hui) ainsi que dans la nouveauté du concept que Joseph Smith a définitivement éclaté l'idée du canon clos ouvrant l'horizon de possibilité pour tout un chacun de recevoir pour lui aussi une révélation du ciel, Page fut parmi les fidèles fermes. Même avant le Rétablissement de l'Eglise, Page fut sélectionné comme témoin des plaques d'or, parmi très peu d'autres, et se fit baptisé juste quelques jours après ce 6 avril 1830 fatidique. Vers cinq ans plus âgé que le prophète, les deux toujours dans leur vingtaine, Page servit sa communauté en tant que médecin et sa nouvelle église dans l'office d'enseignant. À cause de son éducation, il dut sembler fiable quand il enseignait, et il s'avoua assez raisonnable pour attirer l'intellect d'Oliver Cowdery quand il spécula sur le thème de Sion. Mais ses idées rationnelles et bonnes intentions ne garantirent pas contre l'aveuglement spirituel. Et son humilité, comme celle du président de branche dans mon histoire, fut suffisamment développée pour le permettre de se retirer, d'accepter la correction, et d'ajuster sa démarche pour l'avenir immédiat, ce qui confirma la foi des autres en Dieu, en Son Fils, et en leur méthode ordonnée d'investir les clés pour la révélation à l'Eglise entière dans un seul prophète à la fois.

Notez bien trois observations de plus sur ce passage et épisode historique :

1. Cowdery, soutenu juste quelques mois avant comme deuxième Ancien de l'Eglise, n'a PAS été écarté de son droit de révélation pour le commandement général à l'Eglise à cette occasion. Juste parce que Joseph Smith était le prophète ne voulait pas dire qu'il était le seul à recevoir des révélations générales. Lisez soigneusement la limite imposée. La réponse du Seigneur, révélé à travers Smith, était que Cowdery devait se sentir renforcé dans son autorité de PARLER à l'Église à titre de commandement lorsque le Consolateur l'y conduisait. La limite à sa portée, alors, semblait les affaires en temps réel, pas les commandements écrits, plus permanents, qui resteraient dans la portée de Smith pour le moment. Smith n'hésitait pas à partager l'autorité, mais cet incident avec Page a donné l'occasion de chercher la volonté de Dieu, ce qui a permis la portée des nouveaux offices et procédés dans l'Église et du concept des clés de la Prêtrise d'accumuler de la signification et de la spécificité.

2. L'analogie de Moïse à Smith et d'Aaron à Cowdery est apte, mais proximal. Smith est "à la tête" de Cowdery tout comme Moïse l'était d'Aaron, certes, et comme il ne fallait pas à Aaron de commander Moïse, Cowdery ne devait pas prétendre à une autorité supérieure à celle qu'il avait. Mais un sens existe qui insiste que la tête de l'Eglise n'est pas Smith non plus, mais Christ Lui-même. En prenant la parole d'un homme raisonnable mais pas autorisé que l'Église devait faire X ou croire à Y avec la force d'un commandement sans chercher consensus avec Smith d'abord, Cowdery cherchait, essentiellement, à commander Dieu. Il est d'autant plus instructif alors de noter que le ton de réponse du Seigneur est doux, patient, et encourageant au lieu d'outragé. Le Seigneur veut que nous tous soyons des prophètes. Il faut seulement que nous apprenions à parler à notre tour et vérifier nos bonnes idées avec les autorités d'en haut pour que nous soyons unis avec Lui en même temps qu'unis avec nos partenaires de service, tous Le servant selon Son plan.

3. La Prêtrise a un ordre, la révélation a une portée, et même la manière de discipline--d'affirmer la pureté doctrinale, liturgique, et comportementale chez les disciples--a un ordre charitable qui lui est propre. Cowdery ne devait pas corriger Page en public, mais en privé. Il ne devait pas punir ou haranguer celui-ci, mais de le prendre à part comme "frère", lui dire la vérité nette, et observer sa réaction. Si Page avait mal réagi avec une attitude de défi, je suis sûr que d'autres actions seraient de rigueur, mais pour le moment, l'objectif pour un dirigeant corrigeant un offenseur en privé c'était d'encourager la confiance, offrir l'espace pour le repentir, et d'avoir une vraie affection pour l'âme éternel de son frère. Ce genre de confrontation directe douce, animée par l'amour, crée les conditions pour construire sur une terrain d'entente, pour le repentir d'élargir les âmes des deux côtés, et pour un engagement vers l'avenir en confiance, en solidarité, et en amour sincère.

Dieu est le Grand Prêtre par excellence. Il organise, délègue, et inspire selon des principes éternels auxquels nous sommes tous à mêmes de nous conformer. Les offices et le pouvoir de la Prêtrise marchent selon une hiérarchie ordonnée, la révélation est dispensée selon une portée ordonnée, et les enseignements et la discipline ont une manière ordonnée strictement prescrite. L'ordre importe à notre Père Céleste, et Son amour est évident dans l'exercice de Son pouvoir à travers cet ordre-là. Nous devenons plus ordonnés à mesure que nous Le permettons de changer notre coeur de s'unir avec le Sien.

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